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Pélé annuel à Maria-Tokpa : Edition 2015 : Homélie du Nonce

Cher Mgr Jean Benoît,

Chers Pères Concélébrants,

Chers Frères et Sœurs de la Vie consacrée,

Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

1. Grande est ma joie d’être ce matin, de ce rassemblement, aux pieds de la Vierge Marie Notre-Dame des Lagunes, notre Mère et Mère de l’Eglise. Nous sommes avec celle qui ne rejette point les prières que nous lui adressons dans nos nécessités. Nous sommes venus reconnaître et attester, certains depuis hier, que ce Sanctuaire, Maria-Tokpa, est le lieu où, avec confiance nous pouvons nous abandonner entre les bras de Marie, notre bonne Maman, toujours prête à écouter et recevoir nos confidences et disposer à intercéder pour nous.

Depuis des siècles, des chrétiens ont toujours accouru vers la Vierge Marie pour lui confier leur détresse et demander à sa bienveillance maternelle, la délivrance des maux qui les accablent et le soutien de leurs efforts de chaque jour. Nos pères dans la foi savaient et reconnaissaient avec une délicatesse filiale la place privilégiée de cette femme choisie de toute éternité dans l’histoire du salut.

Emboîter le pas à ces intrépides prédécesseurs, comme vous le faites chaque année, est une démarche très louable dans un monde où la paix et l’équilibre sont fortement menacés et l’ordre social gravement troublé par l’envie, la méfiance, l’orgueil, l’indifférence et d’autres passions égoïstes. Recourir à Marie est, sans nul doute, l’attitude légitime et responsable pour freiner et éliminer définitivement les haines et les rancunes implacables entre familles et entre individus ainsi que les actes de vengeance et les querelles regrettables aux conséquences destructrices. Venir et revenir sans cesse auprès d’elle, sera également le meilleur antidote contre l’attitude égoïste d’indifférence. « Cette attitude égoïste d’indifférence » qui, selon le Pape François dans son message pour le carême de cette année, « a pris aujourd’hui une dimension mondiale, au point que nous pouvons parler d’une mondialisation de l’indifférence » (Message du Pape François pour le Carême 2015).

Il est heureux de venir supplier la Reine de la Paix quand le malheureux, le pauvre, le petit ou le laissé pour compte est traqué, soupçonné, menacé et livré à un sort très injuste et indigne du Dieu dont il est image et ressemblance. Quand les désordres, les oppositions, les luttes et les haines gangrènent la société et étendent leurs tentacules même dans l’Eglise au point de boucher le courant fraternel des relations interpersonnelles et de détruire les meilleures amitiés, nous devons nous décider à toujours recourir à la Vierge Marie, la Mère de toute grâce.

En Marie, pour nous et pour l’Eglise, l’heure n’est pas au désarroi ni à l’abandon, mais à l’espérance, étant donné sa présence agissante puisqu’elle est collaboratrice de l’œuvre de la Rédemption. Pour avoir donné à l’humanité, dans la foi et physiquement, le Rédempteur, elle est devenue notre Mère et à ce titre dans la gloire du ciel, elle continue avec ferveur son ministère de médiation. Saint Jean Bosco le reconnaît de façon merveilleuse quand il a dit : « Ayez une confiance illimitée en Jésus-Hostie et en Marie, et soyez assurés que la Sainte Vierge vous obtiendra tout ce que vous désirez. Elle vous accordera la grâce que vous implorerez ou bien une grâce plus importante et plus utile pour vous » (Cf. Neuvaine à Marie Auxiliatrice).

Comme aux noces de Cana, elle veille avec sollicitude sur ses fils et filles, que nous sommes, et sur nos intérêts spirituels et matériels. Sa discrète prière « Ils n’ont plus de vin ! » qui fonde notre espérance, résonne toujours et se poursuit en s’adaptant aux circonstances de notre vie actuelle. En vérité, comme l’atteste le Deuxième Concile Œcuménique de Vatican, « Après son Assomption au ciel, son rôle dans le salut ne s’interrompt pas. Par son intercession répétée, elle continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. Son amour maternel la rend attentive aux frères de son Fils dont le pèlerinage n’est pas achevé, ou qui se trouvent engagés dans les périls et les épreuves, jusqu’à ce qu’ils parviennent à la patrie bienheureuse. » (L.G. n. 62). Votre présence massive en ce Sanctuaire pour lui présenter et recommander vos malades est une confirmation de ces propos du deuxième Concile de Vatican. C’est pourquoi, avec le Pape François, nous devons l’invoquer comme notre Mère afin qu’elle intercède pour tous les malades d’ici et d’ailleurs et pour tous ceux qui prennent soin d’eux. Elle est le Siège de la Sagesse. Qu’elle fasse « que, dans le service du prochain qui souffre et à travers l’expérience même de la souffrance, nous puissions accueillir et faire croître en nous la véritable sagesse du cœur » (Message du Pape François à l’occasion de la XXIIIème Journée mondiale du Malade, n. 6, Février 2015).

Cette sagesse du cœur « n’est pas une connaissance théorique, abstraite, fruit de raisonnements », mais bien « un comportement inspiré par l’Esprit Saint dans l’esprit et le cœur de celui qui sait s’ouvrir à la souffrance des frères et reconnaît en eux l’image de Dieu » (Idem n. 1). Cette sagesse du cœur se décline en quatre actions fondamentales, privilégiées par le Saint Père : Servir le frère, Être avec le frère, Sortir de soi vers le frère, et Être solidaire avec le frère sans le juger.

En d’autres termes, cette sagesse du cœur, qui sait patienter dans l’attente et la contemplation silencieuse de la manifestation de la volonté de Dieu, ne peut que découler de la « charité du Christ » reconnue comme « service de la vie » dans le dernier Message de votre Administrateur Apostolique, Mgr Jean Benoît Gnambodè, qui présente les contours du thème de l’année pastorale en cours dans ce Diocèse : « Famille et vie consacrée au service de la charité du Christ ».

2. La charité du Christ est certainement l’essentiel du message transmis par les textes de la liturgie de ce dimanche. Face à la rigoureuse loi de l’exclusion qui constitue une souffrance supplémentaire pour le malade de la lèpre, Jésus vient prouver par ses paroles et par ses actes que personne ne doit être exclue. Dans le contexte sociologique où il est spontanément admis que le corps est le miroir de l’âme, et la maladie, la preuve du péché, la lèpre était le symbole du péché et la conséquence du châtiment divin. C’est aussi pour cette raison que le lépreux était banni, rejeté, considéré comme source d’impureté c’est-à-dire de non-communion avec Dieu et avec les hommes. Au nom de Dieu, au nom de la pratique des observances religieuses, la déclaration d’impureté établie par le prêtre constituait pour le concerné, une véritable mise à l’écart de toute vie religieuse, et donc à l’époque, de toute vie sociale. Sans remettre en cause ce ministère d’authentification et de certification des prêtres d’alors, Jésus s’engage dans un combat afin de révéler le vrai visage de Dieu. Car, en prenant le risque de toucher le lépreux, Jésus a posé un geste audacieux, voire scandaleux. Le lépreux aussi n’aurait pas dû oser approcher Jésus pour que Jésus en soit arrivé à le toucher. Ce faisant, l’un et l’autre ont transgressé l’exclusion traditionnelle.

Entre le courage du lépreux et l’audace de Jésus qui font advenir le miracle de la guérison, le miracle du retour dans la communion avec Dieu et avec la société, il y a, ce que nous pouvons appeler l’humble prière du nécessiteux et le déploiement de la miséricorde infinie de Dieu. A l’instar du psalmiste, qui lance un appel au secours à Dieu avec la certitude inébranlable que cet appel est déjà entendu de lui, le lépreux s’adresse à Jésus comme au Messie dans une simplicité et une confiance à imiter : « Il tombe à ses genoux et le supplie : Si tu le veux, tu peux me purifier » (Mc 1, 40). Devant Dieu, il tombe à genoux et s’en remet à sa seule volonté. Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié ». Par son acte, Jésus manifeste qu’il est le Fils de Dieu venu prendre sur lui le mal physique et moral de tout homme, son isolement, sa mise à l’écart de la société, mais aussi le mal de son péché. Il atteste également que désormais personne ne doit être déclaré impur et exclu au nom de Dieu.

3. En conséquence, chers frères et sœurs, on comprend que Jésus veut aussi prolonger son geste de miséricorde et de re-création à travers chacun de nous, puisque être son disciple, c’est marcher à sa suite en agissant comme lui. A nous qui bénéficions de sa miséricorde, Dieu nous invite donc à être ses mains et sa voix auprès de tous les exclus de notre temps, de tous ceux qui souffrent la maladie physique, morale ou spirituelle. C’est justement ce que saint Paul a compris et veut nous faire comprendre lorsqu’il nous invite, dans la deuxième lecture, à faire comme lui : « Faites comme moi (dit-il) : en toutes circonstances je tâche de m’adapter à tout le monde ; je ne cherche pas mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés. Prenez-moi pour modèle ; mon modèle à moi, c’est le Christ » (1Co 10, 33-11,1). En dernier ressort, saint Paul nous demande d’imiter le Christ, celui-là même qui accueille tous les hommes, même les exclus, comme le lépreux. Il faudra donc accueillir sans mépris, mais aussi s’adapter sans se renier.

4. N’être un obstacle pour personne, de quelque provenance et quelque obédience religieuse que ce soit, et tout faire pour la gloire de Dieu, voilà un comportement utile qui va stimuler notre vie chrétienne pendant le précieux temps de carême qui s’ouvre pour nous le mercredi prochain avec l’imposition des Cendres. Dans son traditionnel message à l’occasion de ce temps qui nous prépare aux grandes festivités pascales, le Saint Père nous décrit Dieu en disant : « Il n’est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans son cœur, il nous connaît par notre nom, il prend soin de nous et il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse ; son amour l’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive » (Message du Pape François pour le Carême 2015).

Aussi, nous invite-t-il à tenir ferme :
-  Tenir ferme, en tant qu’Église qui offre, par son enseignement et par son témoignage, la charité de Dieu qui rompt l’enfermement sur soi-même qu’est l’indifférence ;

-  Tenir ferme, par la paroisse et la communauté par lesquelles d’une part, nous sommes unis à l’Eglise du ciel dans la prière qui nous fait participer aux mérites et à la joie des saints, et d’autre part nous réussissons à franchir le seuil qui nous met en relation avec la société qui nous entoure, avec les pauvres et ceux qui sont loin ;

-  Tenir ferme en tant que fidèle en priant dans la communion de l’Église terrestre et céleste, pour ne pas se laisser absorber par la spirale de peur et d’impuissance.

« Dieu n’est pas indifférent au monde – continue le Pape – mais il l’aime jusqu’à donner son Fils pour le salut de tout homme. A travers l’incarnation, la vie terrestre, la mort et la résurrection du Fils de Dieu, la porte entre Dieu et l’homme, entre le ciel et la terre, s’est définitivement ouverte » (Idem).

5. Chers frères et sœurs, Celle à qui nous devons ce bonheur est précisément la Sainte Vierge Marie. Prions-la sans cesse pour cheminer avec elle dans sa fidélité, c’est-à-dire nous convertir afin de nous tourner résolument vers le Seigneur comme elle, l’humble servante de Nazareth. Avec elle et à son exemple, apprenons à dire le "OUI" qui engage, le "Oui" qui affermit notre foi et notre charité, le "Oui" clair et sincère qui dissipe en nous les ténèbres de l’égoïsme, du mensonge et de la duplicité, les ténèbres de l’indifférence, pour une réconciliation authentique, gage de la vraie paix dans le Christ Jésus.

Redoublons donc de confiance et continuons de la prier pour nous-mêmes, pour nos familles confrontées aux nombreuses situations, pour ce Diocèse et pour ce Pays. Implorons son intercession maternelle pour le Pape François et les Cardinaux réunis en Consistoire depuis quelques jours à Rome. Qu’elle nous garde sous sa constante protection. Amen.

Mgr Brian UDAIGWE, Nonce apostolique