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« Pentecôte ! Le Saint Esprit à l’œuvre dans le monde d’aujourd’hui ! »

Cet article est une méditation que l’Aumônerie Diocésaine des Chorales Grégoriennes du Diocèse de Porto-Novo propose à tous les Choristes pour la fête de Pentecôte. Elle donne quelques points de repères sur sur les origines et le sens de la fête de la Pentecôte d’une part, et d’autre part, sur la personne et l’œuvre du Saint Esprit dans nos vies, à partir des textes de la liturgie de la messe du Jour de Pentecôte.

Avec la fête de la Pentecôte nous clôturons la cinquantaine pascale au cours de laquelle l’Eglise, chaque année, célèbre le mystère de la Passion, Mort et Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ. Annoncé par les Écritures anciennes, promis par le Seigneur à maintes reprises et, plus explicitement, « à l’heure de passer de ce monde à son Père », l’Esprit Saint descend en ce jour comme don fait aux Apôtres, à toute l’Eglise et à chacun de nous. Nous fêtons donc la Pentecôte, une solennité importante, aussi populaire dans sa célébration que mal connue dans son essence. Il nous faut donc retrouver toute la signification originelle et actuelle de cette fête. Je voudrais proposer ici une série quatre questions-réponses fondamentales qui nous permettront d’entrer dans l’intelligence de la célébration de cette fête.

1ère question : Que signifie « Pentecôte » ?

Réponse

 : Du grec ancien ἡμέρα πεντεκοστή / pentếkosta, le mot « pentecôte » signifie « cinquantième jour », et doit être restitué dans le contexte de la fête juive du même nom, laquelle s’appelle aussi fêtes des Semaines, car célébrée au terme des sept semaines comptées à partir de Sabbat de Pâques. Avant d’être une fête chrétienne, la Pentecôte était – et demeure encore aujourd’hui – une fête juive. A l’origine, elle fut instituée pour commémorer chaque année le temps de la moisson et des prémices, et rendre grâce pour les fruits de la terre. C’était donc une fête agricole (cf. Ex 23,16 ; 34,22) qui se célébrait cinquante jours après la Pâque, d’où son nom de « Pentecôte », c’est-à-dire « cinquante », comme l’indique la définition étymologique. Plus tard, après le retour de l’exil babylonien, la fête de la Pentecôte changea progressivement de signification pour devenir la commémoration de l’alliance et du don de la Loi sur le Mont Sinaï. A ce titre, elle se transforma en « date d’anniversaire » du Peuple Juif, la Loi étant en quelque sorte l’ « acte de naissance » d’Israël.

2ème question : Que fêtons-nous à la Pentecôte ?

Réponse  : A la Pentecôte, nous fêtons la descente de l’Esprit sur les Apôtres. D’après le livre des Actes des Apôtres, la Pentecôte chrétienne eut lieu le jour même où les Juifs célébraient leur Pentecôte, c’est-à-dire le don de la Loi sur le Sinaï. La coïncidence n’est pas fortuite, car si pour le peuple d’Israël, la Pentecôte rappelle l’amour de la Loi, pour nous chrétiens, elle inaugure les temps nouveaux marqués par la Loi de l’amour. En effet, le jour de la Pentecôte, le Seigneur répandit l’Esprit à profusion sur les Apôtres réunis avec la Vierge Marie au cénacle, pour faire d’eux le peuple nouveau dont la loi fondamentale est l’Amour. Ainsi, la Pentecôte chrétienne est la fête du don de l’Esprit Saint. De même que la loi mosaïque a transformé en peuple de l’alliance les tribus hétéroclites d’esclaves affranchis, de même, l’Esprit Saint fait des disciples timorés et désemparés, une Eglise de témoins intrépides. Secoués par son souffle, brûlés et illuminés par son feu, ils sortent du cénacle, où la peur les avait enfermés, et se mettent à publier en toutes langes les merveilles de Dieu : c’est la naissance de l’Eglise et de la mission.

Ce jour-là, le cinquantième après Pâques, selon ce que disent les Écritures, notamment la Première Lecture de la liturgie de cette solennité, les Apôtres se trouvaient réunis au Cénacle : soudain, ils entendent un grand bruit venu du ciel, « pareil à celui d’un violent coup de vent » qui remplit toute la maison où ils se trouvaient. Ils virent comme un feu qui se divisait, et sur chacun d’eux se posait une des langues de ce feu. Tous furent remplis de l’Esprit Saint et ils se mirent à parler en d’autres langues dans lesquelles l’Esprit leur donnait de s’exprimer : voilà l’expérience mystique collective et historique des Apôtres de Jésus de Nazareth. C’est la promesse de Jésus qui se réalise : le Seigneur est fidèle ; le Saint Esprit est là.

3ème question : Qui est l’Esprit Saint

Réponse  : Le catéchuménat traditionnel nous apprend que l’Esprit Saint est la Troisième Personne de la Sainte Trinité, et c’est bien juste. Mais il nous faut encore aller plus en profondeur. Bien entendu, ce n’est ici ni le moment, ni le lieu de faire un exposé doctrinal complet sur la personne de celui qui est présent et agit en tous et partout, et pourtant invisible, peu connu et mal connu. C’est à travers les lectures qui nous sont proposées en cette solennité que nous allons essayer de découvrir l’Esprit Saint et surtout comment il agit. Ces textes nous présentent l’Esprit Saint dans des langages différents. Pour Saint Jean, dans l’Evangile, il est le « Défenseur » envoyé d’auprès du Père pour témoignage en faveur du Fils. C’est lui, l’Esprit de Vérité qui guidera les disciples de Jésus dans la vérité toute entière. Témoin parfait de Jésus, pédagogue avisé, il se chargera d’instruire les disciples et de continuer la mission du Christ.

Saint Luc, pour sa part, dans la 1ère lecture tirée du livre des Actes des Apôtres, présente l’Esprit comme une force mystérieuse, irrésistible, qui se manifeste avec grand bruit et grand vent et qui descend sur les Apôtres comme les langues de feu, pour les libérer de la peur et réaliser l’unité dans la diversité, à travers le prodige du don des langues. Saint Paul, enfin, dans la 2ème lecture, tout en nous exhortant à vivre de l’Esprit et non de la chair, met en évidence les fruits de l’Esprit, « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi » qui sont en opposition tranchée avec les œuvres de la chair que nous devons fuir.

Cette variété dans la présentation de l’Esprit nous montre qu’il existe plusieurs manières d’exprimer la même réalité, une réalité tellement riche, si sublime, si complexe, si profonde qu’aucun langage humain ne peut l’épuiser. En effet, si l’Esprit est insaisissable comme le vent et dévorant comme le feu, qui de nous peut l’apprivoiser ou l’emprisonner dans des catégories limitées ? L’Esprit Saint est celui qui donne la vie ; il vivifie et fortifie l’Eglise, il agit et parle en nous ; il donne force, intelligence, sagesse, piété, conseil, science et crainte de Dieu. C’est lui qui est à l’œuvre à travers les Sacrements, c’est lui qui fait et conduit l’Eglise. « Sans l’Esprit Saint, disait Saint Ignace de Laodicée, Dieu est lointain, le Christ reste dans le passé, l’Evangile est lettre morte, l’Eglise une simple organisation, l’autorité une domination, la mission, une propagande, le culte une évocation et l’agir chrétien une morale d’esclaves. Mais en lui : le cosmos est soulevé et gémit dans les douleurs de d’enfantement du Règne, le Christ ressuscité est présent, l’Evangile est puissance de vie, l’Eglise est communion trinitaire, l’autorité est servie libérateur, la mission est Pentecôte, la liturgie est mémorial et anticipation, l’agir humain est déifié »

4ème question : Que signifie pour nous aujourd’hui l’événement de la Pentecôte et à quoi nous engage-t-il ?

Réponse  : Le récit des Actes des Apôtres fait état "d’un grand bruit" venu du ciel, d’un "violent coup de vent" et de "langues de feu" et qui se posent sur chacun des apôtres. Le bruit, le vent et le feu symbolisent la présence de Dieu ; ils sont une manifestation de la puissance divine. C’est le renouvellement de la théophanie du Sinaï dont la Pentecôte juive est la commémoration. Les langues de feu qui se divisent au-dessus des têtes des Apôtres signifient la descente sur eux de l’Esprit de Dieu. Elles symbolisent le don fait à chacun d’eux et à chacun de nous pour nous rendre apte à annoncer l’Évangile avec détermination à tous les hommes de notre temps. Enfin, le récit fait mention du don des langues que reçoivent les apôtres et les disciples pour leur permettre d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile à tous les hommes, à toutes les nations. On peut y voir une réponse à l’épisode de la Tour de Babel. En effet, lors de la Tour de Babel, les hommes avaient été divisés dans leur volonté d’être plus grand que Dieu. A la Pentecôte, les peuples divisés se retrouvent unis lorsque l’Esprit Saint se manifeste. L’humanité est appelée à vivre cette unité, non pas sans Dieu mais en lui, par la force et le ciment de son Esprit.

Frères et sœurs, il est vrai qu’en ce moment, nous n’avons pas de façon visible des langues de feu sur nos têtes, nous ne nous entendons pas dans des langues différentes ; ou pire, nous ne sommes pas sujets à des transes, des agitations ou des crises hystériques que certaines personnes cherchent à mettre au compte d’une manifestation efficiente de je ne sais quel esprit ; cela ne veut pas dire que l’Esprit Saint n’est pas descendu sur nous. Non ! Il faut croire fermement que, comme jadis les Apôtres, tous nous recevons en ce jour une effusion de l’Esprit, ce même Esprit que nous avons reçu à travers les sacrements de baptême et de confirmation, et que recevons souvent à travers les autres sacrements. La réalité de l’effusion de l’Esprit en ce jour de la pentecôte n’est pas à mettre au compte d’une agitation fébrile du genre de la folie ; heureusement d’ailleurs ! Chers amis, ne nous y méprenons pas ; l’Esprit Saint que nous recevons n’est pas de nature à nous rendre fous, mais au contraire à nous rendre davantage raisonnables ; c’est dans le silence de notre cœur que l’Esprit se manifeste et nous porte efficacement à l’action.

La Pentecôte ne commémore pas un événement du passé, si déterminant soit-il. Elle célèbre Dieu, Saint Esprit, qui se manifeste jour après jour sur la terre. La Pentecôte est quotidienne pour ceux qui, au Nom du Seigneur, prient le Père de leur donner l’Esprit promis par le Fils. Célébrer la Pentecôte, c’est donc s’ouvrir davantage à l’Esprit qui habite dans le secret de notre cœur, c’est l’écouter, lui être docile, obéir à ses inspirations et injonctions ; c’est se rappeler ses promesses baptismales et prendre à nouveau le ferme engagement de s’y conformer librement ; c’est faire l’unité dans la diversité, et la vérité dans la charité ; c’est accueillir les charismes de l’Esprit et les fructifier pour le bien et au bénéfice de toute l’Eglise au rythme du quotidien de l’existence humaine. Célébrer la Pentecôte, c’est réveiller les nombreux dons de l’Esprit qui sommeillent en nous ; c’est laisser l’Esprit agir en nous et par nous, en un mot, c’est vivre de l’Esprit et faire transparaitre ses fruits dans le quotidien de notre vie, comme Saint Paul nous y invite dans la deuxième lecture.

Célébrer la Pentecôte, enfin, c’est s’engager pour la mission, afin de porter l’Evangile aux hommes par nos paroles et nos actes. En ce sens, notre Eglise locale a besoin aujourd’hui, d’une nouvelle Pentecôte, d’une nouvelle évangélisation. Cela relève de notre responsabilité à tous. Que l’Esprit de Pentecôte nous accorde donc la grâce d’être des témoins convaincus, audacieux, déterminés et sincères, prêts à porter l’Evangile partout, envers et contre tout. Amen !

Père Ghislain Yvon MAFORIKAN, Aumônier diocésain des Chorales Grégoriennes