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RAPPORT DU 1ER JOUR DU SYMPOSIUM

La journée d’hier a été le tout premier jour de notre symposium sur le dialogue entre les Eglises-Sœurs d’Europe et d’Afrique au service de la réconciliation, la justice et la paix. Après la cérémonie d’ouverture, présidée par Monseigneur Eugène Houndekon, secrétaire et représentant de la Conférence Episcopale du Bénin, nous avons enregistré une série d’interventions assurées par cinq conférenciers : Père Julien Penoukou, Mgr Vincent Landel, représenté par le Père André Chauvin, Monseigneur Benoît Alowonou, Evêque de Kpalimè, Monsieur Léon Okioh et le Père Philippe Kinkpon. Le présent rapport voudrait en faire le compte rendu en mettant l’accent sur les principales articulations. Et nous commençons par le mot de Monseigneur Eugène Houndekon.

Dans son adresse aux participants de la cérémonie d’ouverture, il exprima sa joie de pouvoir les accueillir et les saluer au nom de toute la Conférence Episcopale du Bénin. Il remercia ensuite la conférence épiscopale allemande de son aide financière à la tenue de ce symposium, sans oublier les membres du gouvernement d’avoir bien voulu s’associer à cet événement de grande importance pour toute l’Eglise du Bénin. Il définit enfin le cadre de notre rassemblement qui est celui des 150 ans de notre évangélisation et de la visite du Pape Benoît XVI au Bénin pour la signature de l’exhortation post-synodale pour la réconciliation, la justice et la paix en Afrique. Dans un tel contexte, un symposium de dialogue entre les Eglises Sœurs d’Europe et d’Afrique sur la réconciliation, la justice et la paix ne peut qu’être bienvenu. Après le colloque de l’an passé sur l’invitation des chrétiens à être bâtisseurs de l’avenir à partir de l’expression de l’espérance chrétienne qui est en eux, ce présent symposium apparaît sous le signe de la maturité et de la mission. Cette mission n’est pas celle liée à la seule initiative des prêtres, mais de toute l’Eglise d’Afrique, Famille de Dieu, convoquée à prendre l’engagement concret d’être sel de la terre et la lumière du monde. Ce faisant, le chrétien participe à la mission de l’Eglise à la suite des premiers bâtisseurs qui sont les Pères SMA. Monseigneur Eugène Houndekon a saisi l’occasion pour les remercier spécialement pour le grain qu’ils ont jeté dans notre terre africaine et engagea de nouveau tous les participants du symposium à être de dignes héritiers. Ils ne peuvent le faire sans partir du passé. La parole fut donnée au Père Julien Penoukou pour nous faire l’historique de ce passé, en parlant d’abord de l’évaluation des 150 ans d’évangélisation dont le colloque de l’an dernier a tracé les traits saillants en 17 thèmes de conférence. Sans vouloir s’étendre sur les détails, il nota que, malgré la largesse de la semence des missionnaires, des poches de résistance existent encore et constituent des défis nouveaux pour notre temps : problème de foi, problème de culture, problème de réconciliation entre la Parole de Dieu et les aspirations profondes des chrétiens du Bénin. Il est alors impérieux de redéfinir la mission qui nous attend à la lumière de la mystique de la réconciliation, source de la justice et de la paix. Mais qu’est-ce que la réconciliation ? C’est avant tout la récapitulation et le renouvellement de notre vie dans le Christ, justice et paix de Dieu. En retournant à lui, nous faisons non seulement l’expérience salvatrice de l’amour de Dieu, mais nous découvrons aussi le vrai contenu de la justice et de la paix pour en être à notre tour les témoins. La découverte de la justice et de la paix en Dieu à travers la personne de Jésus est le préalable de notre vraie réconciliation. Cet effort de retournement et de conversion profonde dans le Christ n’épargne personne. Il concerne tous les chrétiens dans la variété de leur état de vie. Nous sommes tous invités à faire le lien entre la foi et la vie chrétienne, entre les valeurs chrétiennes et l’exigence politique. Ce faisant, nous pouvons parvenir à être porteurs de sens dans un monde affamé de sens et victime d’une récession de foi. Notre horizon de vie s’éclaircira pour un chemin d’épanouissement en nous-mêmes et de communion avec les autres. En somme, la justice et la paix viennent de la réconciliation avec Dieu dans le Christ pour une réconciliation avec soi-même et avec les autres. L’essentiel de tout ce qui vient d’être dit est contenu dans les concepts de conversion, de dialogue et d’amour. La conversion ordonne à conformer la vie personnelle à celle du Christ ; le dialogue ouvre un chemin de reconnaissance et d’accueil de l’autre dans sa différence ; l’amour porte des fruits de paix, de justice et de joie. C’est tout cela qu’on retrouvera dans la vie d’un chrétien qui veut témoigner de l’espérance qui est en lui. Ce témoignage de l’espérance chrétienne se vivra non seulement dans le cadre de la cité en général, mais aussi dans la relation avec les frères qui ne connaissent pas le Christ. L’une des entités à privilégier, est la religion musulmane.

A la question de savoir comment le christianisme et l’Islam peuvent-ils vivre ensemble, Monseigneur Vincent Landel, par la bouche du Père André Chauvin, donna une réponse en partant de son expérience de pasteur et d’homme de terrain. Il fit d’abord remarquer que la vie chrétienne sur une terre musulmane est difficile pour des raisons liées à un problème de vision de la foi, de vision de l’homme et de mobilité des chrétiens eux-mêmes. Au Maroc, ils sont au nombre de 30.000 sur 35.000.000 d’habitants. Mais chaque année, il y a la mobilité du tiers. Ce qui ne permet pas un rapport profond. Par ailleurs, les musulmans eux-mêmes expriment ce rapport en termes de tolérance, d’accueil et d’intention de prière les uns pour les autres. Mais on peut l’intensifier en s’inspirant du décret conciliaire Nostra Aetate et en mettant l’accent sur cinq réalités : la rencontre, l’estime réciproque, l’unité autour des projets de vie, le témoignage de la charité et le souci de construire l’Eglise. En tout cela, les fidèles laïcs doivent être en première ligne. C’est par eux que l’Eglise peut se rendre visible à travers la cité. Pour parvenir à leur fin, ils feront preuve d’ouverture, d’humilité et d’amitié. L’ouverture ouvre l’espace du cœur à l’altérité qui devient une richesse pour soi. L’humilité est une vertu qui permet de ne pas se prendre comme le centre du monde, d’accueillir l’autre dans sa différence et de savoir qu’on peut beaucoup apprendre de lui. L’amitié dans la vie sociale ou dans les quartiers permet de faire une partie du chemin de vie ensemble pour poser, au travers des réalités politiques, économiques, ethniques, intellectuelles et religieuses, des bases communes de justice, de paix, d’amour et de développement. L’important en tout cela n’est pas de se demander ce que l’autre peut faire pour soi, mais ce que nous pouvons faire pour lui. Mais bien des fois, ce que nous faisons peut aussi être une semence dans un champ d’incertitude. C’est ici que prend sens le discours du pape Jean-Paul II qui, au moment de sa visite au Maroc en 1989, s’adressait aux chrétiens en ces termes : Tout ce que vous faites continuera ou ne continuera pas, mais ce qui restera, c’est tout l’amour que vous aurez vécu dans ce pays. Cela pour dire que le dialogue interreligieux est une expérience gratuite d’amour. C’est toujours sur la même note d’amour qu’il faut bâtir le témoignage du chrétien en toute cité. Monseigneur Benoît Alowonou, évêque de Kpalimé, nous a, dans ce sens, parlé de l’expérience que vit actuellement l’Eglise du Togo, dans sa quête de justice et de paix sociale à travers la réconciliation. Après avoir montré les nombreuses embuches dues au soupçon de complicité porté sur l’autorité ecclésiastique, aux blessures des cœurs et à une démocratie qui cherche et recherche encore ses marques, il a insisté sur la mission essentielle de l’Eglise. Elle consiste à définir la vision de l’homme, de sa nature et de son agir. Elle se traduit aussi par un prophétisme qui dénonce le mal, défend la dignité de la personne humaine et détermine des lignes d’action pour la résolution des problèmes de société. Les nombreuses lettres pastorales écrites par les Evêques et l’accompagnement actuel du processus de justice, de vérité et de réconciliation dans le pays en témoignent. Les pasteurs n’oublient pas non plus de mettre en mouvement pour la même cause tous les diocèses, toutes les paroisses et tous les mouvements d’action catholique. Par ailleurs, les homélies sont centrées sur la réconciliation, la justice et la paix, avec la possibilité offerte pour des espaces d’écoute, la prière, le soutien psychologique des blessés et l’accompagnement pour un processus de conversion et de transformation positive. Voilà la grande contribution que donnent les pasteurs de l’Eglise catholique du Togo pour la réconciliation, la justice et la paix.

Mais si les pasteurs se dévouent tant pour cette cause, en quoi le laïcat peut-il servir d’allié nécessaire ? Monsieur Léon Okioh s’est chargé de répondre à cette question en parlant spécifiquement du rôle des laïcs dans la mise en œuvre de la réconciliation, la justice et la paix. Refusant de localiser l’apport des laïcs dans la sphère des responsabilités d’Etat ou de gouvernement, il le situe plus particulièrement dans les domaines sociaux, techniques et professionnels où le chrétien est appelé à rendre visible l’Eglise en faisant des choix qui témoignent de son appartenance au Christ. La vie dans la foi a déjà une dimension politique. Elle permet d’être lumière du monde en donnant à la terre le goût du ciel. L’essentiel de la mission du laïc au cœur de la cité consiste à revenir aux engagements de son baptême pour se réconcilier avec Dieu afin de vivre sa réconciliation avec le prochain. On ne peut être en paix avec l’autre sans être en paix avec Dieu rencontré et accueilli dans la personne du Christ. En somme, parler de la réconciliation, de la justice et de la paix revient à parler de la vie avec le Christ. Car tout part de lui et converge vers un agir éthique rendu possible grâce l’infusion dans l’Esprit Saint. Avec lui, nous pouvons porter des fruits à la mesure de la charité du Christ. C’est avec l’Esprit du Père et du Fils que le chrétien laïc doit avancer en eau profonde au cœur de la cité. Cependant si son action est attendue dans cette cité, c’est d’abord dans la famille qu’elle commencera. C’est ici qu’il faut être initié à la culture de la réconciliation, de la justice et de la paix. Le Père Philippe Kinkpon, qui a développé cette mission de la famille dans la dynamique de la réconciliation, n’a pas manqué de souligner d’abord les nombreux lieux et milieux de conversion : la jalousie, le parasitisme, la haine héréditaire, la culture de la rivalité et la culture de l’ethnicisme. Il a ensuite parlé de la culture de l’amour et de la paix au travers d’une éducation parentale qui amène l’enfant à rencontrer le Christ pour apprendre à le connaître, à se connaître à travers lui et à l’imiter. Il y a en cela de petites actions indispensables : la vie de prière à la maison, la lecture de la parole de Dieu, l’habilitation à l’amitié avec le Christ. En somme, il s’agit ici d’une approche expérientielle du Christ qui finit par devenir un centre de rayonnement qui, après avoir garanti l’harmonie de la vie en famille, assure la vitalité de la société dans le sens du bien. Dans cette perspective, on n’oubliera jamais la conviction du Pape Jean-Paul II : l’avenir de la société et de l’Eglise passe par la famille. Le pape Benoît XVI ajoute qu’elle est le sanctuaire où l’enfant apprend les valeurs de solidarité et de communion. Pour la justice et la paix sociale, la famille chrétienne doit donc répondre à son identité et à sa mission. Voilà ce que nous pouvons retenir succinctement de l’intervention du Père Philippe après la série des autres interventions. Pour finir, notons qu’elles ont été toutes suivies de riches débats qui les ont fait gagner en approfondissement et en qualité. Nous espérons les mêmes atouts pour les conférences de ce jour.

Merci.

Pères Théophile AKOHA & François GNONHOSSOU