vendredi 15 décembre 2017



A c t u a l i t é s
mardi 5 décembre 2017
C’est au sanctuaire marial à Dassa que la (...)

mercredi 29 novembre 2017
« Rendez grâce au Seigneur, éternel est son (...)

mardi 21 novembre 2017
Le pape nomme un rapporteur et deux secrétaires

vendredi 3 novembre 2017
Après la rentrée pastorale au plan diocésain, (...)


En vrac !
mercredi 22 novembre 2017
Dans l’eucharistie, le Christ « communique » (...)

vendredi 17 novembre 2017
C’est la seconde catéchèse sur la messe

mardi 17 octobre 2017
Monsieur le Directeur Général, Mesdames et (...)

mercredi 9 août 2017
L’euthanasie est le « meurtre délibéré moralement

vendredi 4 août 2017
Le pape François invite les religions à « prier (...)

mercredi 2 août 2017
Radio Vatican en français salue le 100e (...)

lundi 31 juillet 2017
A l’occasion de la « Journée mondiale de la (...)

lundi 31 juillet 2017
L’engagement de l’Eglise pour la promotion des (...)

mercredi 14 juin 2017
N’aimons pas en paroles, mais par des actes (...)

mardi 21 février 2017
Ils étaient tous au rendez-vous, les mouvements et


V a c a n c e s
vendredi 11 juillet 2014
La communauté des sœurs Salésiennes Missionnaires de

jeudi 27 juin 2013
Pour marquer l’Année de la foi, l’aumônerie (...)

Aller à : Accueil du site > Autres articles > RAPPORT GENERAL (...)

RAPPORT GENERAL SUR LA RELECTURE REFLEXIVE DE « AD GENTES » 1ère Partie.

A l’occasion du jubilé d‘or de la publication du décret conciliaire sur l’activité missionnaire de l’Eglise « Ad gentes », le clergé du diocèse de Porto-Novo s’est mis en doyenné pour une relecture réflexive du dit décret. En voici le rapport final rédigé par la commission diocésaine de théologie.

Le mandat du Christ auquel les Apôtres ont été fidèles demeure encore l’unique raison de l’existence de l’Eglise : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du St Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28,19)… « Allez par le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné » (Mc 16,15). Le peuple de Dieu qui est à Porto-Novo est né de cette mission dont l’un des heureux aboutissements est son érection en diocèse le 14 septembre 1955. Depuis lors, sa croissance, sous la direction éclairée de ses pasteurs, s’est faite dans la fidélité au Christ et aux enseignements du Magistère, notamment le Concile Vatican II.

C’est à la lumière de l’un de ses décrets, « Ad gentes » que les prêtres de ce diocèse ont fait une relecture de leur propre histoire chrétienne afin de se projeter de façon responsable dans leur avenir chrétien, à quelques mois du jubilé d’or dudit décret conciliaire sur l’activité missionnaire de l’Eglise. Cette lecture réflexive a été faite par doyenné, soit seize pour tout le diocèse, sur la base d’un instrument de travail qui a permis de revisiter le document conciliaire sur les plans biblique, philosophique, socio-anthropologique, théologique et pastoral. L’un des gains majeurs de cet exercice est que les prêtres se sont laissé questionner sur leur identité dans leurs rapports à l’Evangile du Christ et à son Eglise.

I. Plan biblique

Toute l’histoire du salut en tant qu’auto-communication de Dieu est le lieu même où s’origine l’activité missionnaire de l’Eglise. Dans l’Ancienne Alliance, avec la création (Gn 1-2), les différentes alliances avec les patriarches ( Gn 12,1.ss ;), l’évènement de l’Exode (Ex 3,10 ), l’institution monarchique (Cf. 1R et 2 ), la vocation et la mission prophétique (Jr 7,25 ; Ez 2, 3s ) c’est Dieu lui-même qui prend l’initiative et qui agit. Spécifiquement dans l’exode, c’est Dieu qui prend l’initiative de sauver ce qui deviendra son peuple. D’un point de vue biblique, la mission se présente donc comme le mouvement même de Dieu vers le monde pour lui communiquer sa vie, son amour totalement offert dans le mystère pascal (passion, mort et résurrection du Christ.) Dans le Nouveau Testament, Saint Pierre résume, à merveille, la vie de Jésus en disant : « il passait en faisant le Bien et en guérissant ». (Ac 10, 38). Il a annoncé l’amour de Dieu à tous et s’est lui-même identifié aux pauvres, aux faibles (Mt 25, 31-46). Il a guéri les malades et ceux qui sont impurs. Il a opéré des signes et des prodiges parmi tout le peuple (Ac 2, 22).

En effet, c’est bien Jésus qui, en Lc 4, 18, affirme : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur ».En effet, l’Esprit Saint est le premier protagoniste de la mission. Premier don aux chrétiens, l’Esprit opère dans le monde et en particulier dans l’Eglise. C’est uniquement dans la force et l’amour de cet Esprit d’Amour que l’Eglise peut accomplir sa propre mission. C’est la mission que Jésus a reçue du Père et confiée au douze : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ».

Il existe un lien entre la mission de l’Eglise et celle de Jésus-Christ ; celle de Jésus et celle de Dieu. C’est pourquoi Jésus leur demande après Pâques : « Allez de par le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle et baptisez-les, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Mc 16,16 ; Mt 28, 19). C’est donc à foison que les textes de l’Ecriture situent la mission dans l’être de Jésus et son ministère comme désir de Dieu de sauver l’homme et de l’introduire dans une vie de communion avec lui.

II. Fondements doctrinaux

Les prêtres ont relevé trois piliers fondamentaux qui donnent à la mission une ossature véritable et durable : la Sainte Trinité, l’Eglise et l’Eschatologie. L’activité missionnaire de l’Eglise tire, en effet, son origine suprême du Dieu Trinité : Dieu le Père a voulu et envoyé son Fils dans le monde pour sauver les hommes, par l’annonce de la Bonne Nouvelle dans la puissance de l’Esprit Saint. (AG N°2 et 3). Sous l’action de l’Esprit, l’Eglise, sacrement de salut, continue aujourd’hui la mission du Christ lui-même à travers « l’Ordre des évêques, à la tête duquel se trouve le successeur de Pierre, … avec la prière et la collaboration de toute l’Eglise ». « La fin propre de cette activité missionnaire, c’est l’évangélisation et l’implantation de l’Eglise dans les peuples ou les groupes humains dans lesquels elle n’a pas encore été enracinée ». Mais la mission de l’Eglise prépare et anticipe sa venue ultime. « Car avant la venue du Seigneur, il faut que la bonne nouvelle soit proclamée parmi toutes les nations (cf. Mc 13, 10) » (AG n°9). Elle permettra le rassemblement de l’Eglise, des enfants de Dieu dispersés, dans le royaume de Dieu (escatha implique convocation). Une telle orientation eschatologique permet de ne pas confondre mission et action temporelle.

Cet ancrage théologique fait comprendre que l’activité missionnaire est un élément constitutif de la nature même de l’Église qui revendique l’engagement de tout chrétien, qui plus est de toute communauté ecclésiale. C’est pourquoi les pères conciliaires, après avoir situé l’activité missionnaire et l’avoir orientée selon le souffle de l’Esprit, insistent pour que les prêtres soient formés dans l’esprit missionnaire . Aussi, soulignent-ils combien il est important que toutes les églises se sentent concernées par l’évangélisation de toutes les églises du monde, en développant un esprit de coopération missionnaire qui permette l’envoi des prêtres diocésains dits fidei donum. Ils demandent que les prêtres se rendent « disponibles pour entreprendre le travail missionnaire dans les régions éloignées et démunies soit dans leur propre diocèse ou dans d’autres diocèses. Et cet esprit et ce devoir missionnaire, ajoutent-ils, doivent continuellement habiter tout prêtre quelquefois même en dépit du sentiment de pénurie dans son propre diocèse. »

Cette orientation des Pères conciliaires, dans le décret Ad Gentes, dessinent déjà les contours de la spiritualité de tout missionnaire. On en relève au n° 24 quelques aspects :

-  La configuration au Christ : « l’envoyé entre, en effet, dans la vie et la mission de celui qui s’est anéanti ».
-  Le détachement : Comme ce fut le cas pour Abraham notre père dans la foi : « quitte ton pays et va dans le pays que je te montrerai ».
-  La renonciation : Elle va de paire avec le détachement. Le missionnaire doit être prêt « à renoncer à lui-même et à tout ce qu’il possède jusque-là ».
-  Le don de soi au monde : Configuré au Christ le prêtre ne peut que faire don de sa vie avec abnégation, charité, abandon. Il doit « se faire tout à tous ». Le missionnaire du Christ doit avoir un zèle pour les âmes qui s’inspire de la charité même du Christ faite d’attention, de tendresse, de compassion, d’accueil, de disponibilité, d’intérêt pour les problèmes d’autrui. Il est le frère universel.
-  La spiritualité de l’envoyé : L’ascèse spirituelle de décentrement de soi permet à l’envoyé de rythmer sa vie « par grande constance, par la longanimité, par la douceur, par une charité sans feinte (cf 2Co 6, 4ss) ».
-  Être un témoin authentique : Le seul but est l’intérêt des âmes et la préoccupation du Royaume. « Il doit faire connaître avec confiance le mystère du Christ, dont il est l’ambassadeur. »
-  Le martyre : Le témoin authentique n’a peur de rien. La vie du missionnaire est configurée et toute donnée au Christ. « Il doit rendre témoignage à son Seigneur et même, si nécessaire, jusqu’à l’effusion du sang ».
-  L’obéissance : le missionnaire « doit être persuadé que l’obéissance est la vertu particulière du ministre qui a racheté le genre humain par son obéissance. »
-  La spiritualité du semeur : C’est le Christ lui-même qui dirige sa mission. La spiritualité du semeur pousse à agir comme le semeur qui sème le grain dans l’espoir d’une bonne récolte tout en étant conscient du risque que cela ne pousse pas... Il faut alors accepter toutes les difficultés, surtout les échecs…
-  Raviver la grâce missionnaire : Le missionnaire doit « se renouveler de jour en jour par une transformation spirituelle » Ce renouvellement spirituel de la grâce missionnaire est aussi à la charge des ordinaires et des supérieurs à travers des rencontres et des études de formation intellectuelle et spirituelle.

La mission, de façon historique, se comprend comme une rencontre des personnes et des peuples. C’est pourquoi les prêtres ont voulu mettre en relief quelques aspects philosophiques et socio anthropologiques de la mission dans « Ad gentes ».

III. La personne humaine au cœur de la mission

C’est par le biais de deux valeurs fondamentales de notre humanité que semblent s’ouvrir une porte pour atteindre tout homme dans son désir plus ou moins conscient de Dieu. Les prêtres de Porto-Novo ont compris que l’amour vécu concrètement dans la charité et la recherche du bien de tous, sans discrimination sont un chemin d’évangélisation efficace qui nous fait marcher à la suite du Christ qui, en s’incarnant, s’est fait le compagnon fidèle de tout homme. C’est pourquoi, comme dit le Concile, « l’activité missionnaire possède un lien intime avec la nature humaine elle-même et ses aspirations. Car en manifestant le Christ, l’Eglise révèle aux hommes par le fait même la vérité authentique de leur condition et de leur vocation intégrale, le Christ étant le principe et le modèle de cette humanité rénovée, pénétrée d’amour fraternel, de sincérité, d’esprit pacifique, à laquelle tout le monde aspire. » (Ad Gentes n°8).

IV. Plan socio-anthropologique et nécessité de l’inculturation

Les prêtres ont remarqué avant tout l’insistance du Concile Vatican II sur le monde entier comme cible de la mission d’évangélisation. Les Pères conciliaires ont invité les acteurs de l’Evangélisation à faire attention à la transformation profonde qui s’opère parmi les nations, et à travailler à ce que les hommes de notre temps, trop attentifs à la science et à la technique du monde moderne, ne soient pas détournés des choses divines ; bien au contraire, à ce qu’ils soient éveillés à un désir plus ardent de la vérité et de la charité révélées par Dieu. Aussi le Concile a-t-il souhaité que L’Aréopage qui représentait alors le centre de la culture des Athéniens instruits (cf. Ac 17,22-31) soit considéré aujourd’hui comme symbole des nouveaux milieux où l’on doit proclamer l’Evangile. Dans ce sens, le premier aréopage des temps modernes est le monde de la communication. Mais Il existe beaucoup d’autres aréopages vers lesquels il faut orienter l’activité missionnaire de l’Eglise. Par exemple, l’engagement pour la paix, le développement et la libération des peuples, les droits de l’homme et des peuples, surtout ceux des minorités, la promotion de la femme et de l’enfant, la sauvegarde de la création, autant de domaines à éclairer par la lumière de l’Evangile.

En s’intéressant plus spécifiquement au Bénin, les prêtres de Porto-Novo ont noté que la culture qui est la nôtre et que l’Evangile du Christ veut transformer est riche de valeurs : le sens de la famille, le sens du sacré, le sens de la vie, le sens de l’hospitalité, le sens de règlement des conflits, l’esprit de solidarité dont il est nécessaire de continuer la promotion afin de réduire le champ de l’attachement aux cultes ancestraux, de l’occultisme, de l’idée de vengeance, de la mentalité d’un Dieu « rétributeur » et vengeur, de l’accumulation des puissances ou de forces protectrices, de la polygamie…

Cette tâche d’inculturation se fonde sur le mystère de l’Incarnation. En effet, nous rappelle le Concile, « l’Eglise, afin de pouvoir présenter à tous le mystère du salut et la vie apportée par Dieu, doit s’insérer dans tous ces groupes humains du même mouvement dont le Christ lui-même, par son incarnation, s’est lié aux conditions sociales culturelles déterminées des hommes avec lesquels il a vécu. » (Ad Gentes n°10). En considérant l’expérience de notre diocèse, nous pourrons sans aucun doute affirmer que les idées que nous propose « Ad gentes » depuis bientôt 50 ans ont été à certains niveaux, vécues et appropriées. C’est ainsi que nous devons louer l’effort de nos pères dans la foi qui ont bataillé et sont enfin soutenus par les propositions de « Ad gentes » de « célébrer la foi dans une liturgie conforme au génie du peuple ».

En ce sens, nous reconnaissons le travail fait sur plusieurs générations dans notre diocèse et qui voit la liturgie célébrée dans trois langues liturgiques, le Goun, le Fon et le Yoruba ; nous encourageons également l’introduction de nos rythmes traditionnels dans les chants liturgiques. Nous ne pourrions oublier les différents investissements faits pour que les différents livres liturgiques paraissent en nos langues liturgiques. Tout ceci contribue à la mise en application des idées de « Ad Gentes ». Mais nous ne pourrions nous contenter de ces réalisations. Il faut poursuivre l’œuvre et aller plus loin. Car cette œuvre d’inculturation aidera grandement à répondre aux exigences de l’inter-culturalité à l’ère de la nouvelle évangélisation ; une inter-culturalité que les prêtres de Porto-Novo entendent comme un processus dynamique d’interactions entre cultures porteuses de valeurs évangéliques ; d’où la nécessité de rendre disponibles nos cultures à la purification évangélique. Ceci faciliterait l’annonce de l’Evangile par la Catéchèse.

La Commission diocésaine de Théologie

Lire la suite