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SIGNIFICATION, HISTOIRE ET VALEUR DU SACREMENT DE LA RECONCILIATION.

Pas seulement des pécheurs, mais des pécheurs pardonnés

Signification, histoire et valeur du sacrement de la réconciliation

Les sacrements ont fait beaucoup parlé d’eux ces derniers temps, notamment le baptême longuement évoqué par Benoît XVI au Congrès du diocèse de Rome, puis, il y a quelques semaines, la Rencontre mondiale des familles de Milan a célébré le sacrement du mariage, et la semaine dernière, l’eucharistie lors du congrès eucharistique internationale de Dublin.

Mais il en manque un : le sacrement de la pénitence et de la réconciliation, la « confession », un sacrement qui est pour les catholiques une manifestation de la charité de Dieu, alors que pour beaucoup il apparaît comme un moment où l’on est jugé et puni.

Mais qu’est-ce que la confession réellement ? Quel est son vrai sens ? C’est ce qu’explique le P. Alessandro Saraco, official de la Pénitencerie apostolique, auteur de deux essais : « La Pénitencerie apostolique. Histoire d’un Tribunal de miséricorde et de pitié » et « La Grâce dans la faiblesse. L’expérience spirituelle d’André Louf » (LEV).

Zenit - P. Alessandro, quel est le vrai sens de la Confession ?

P. Saraco - Selon le catéchisme de l’Eglise catholique, la confession est le sacrement de la conversion , car elle réalise, par le sacrement, l’appel de Jésus à la conversion, la voie du retour au Père dont on s’est éloigné en péchant. Il est aussi appelé sacrement du pardon car par l’absolution du prêtre, Dieu accorde au pénitent le « pardon et la paix ». Mais on l’appelle aussi sacrement de la Réconciliation car il donne au pécheur l’amour de Dieu qui réconcilie.

Ces quelques mots suffisent pour démentir la mentalité de ceux qui, à tort, assimilent le confessionnal à un « tribunal moderne de l’inquisition de la conscience », et mettent l’accent sur ce que renferme ce sacrement : toute l’annonce de l’Evangile.

S’approcher d’un confessionnal, c’est en effet comme vouloir pénétrer le cœur même de Dieu, le Père riche de miséricorde, lent à la colère et grand dans l’amour, qui exulte à chaque fois qu’un de ses enfants revient vers Lui. Voilà la bonne nouvelle annoncée par Jésus : nous sommes pécheurs, mais notre péché peut être pardonné et absout.

Certains disent que la confession est une invention de l’Eglise.

Quand et par qui s’est-elle propagée parmi les chrétiens ?

Il est difficile de déterminer quel a été le fil conducteur du développement historique du sacrement de la pénitence. La célébration d’un sacrement comme celui-ci, comme nous le comprenons aujourd’hui, était tout à fait inconnue à l’Eglise des origines, qui accordait le pardon des péchés en un seul et unique geste : le Baptême. Cet état de grâce reçu par le baptême s’interrompait dès qu’un péché jugé particulièrement grave comme l’idolâtrie, le meurtre et l’adultère, était commis. Commettre ces péchés comportait l’exclusion de la communion ecclésiale, sans pouvoir participer à l’Eucharistie.

Dans ces cas-là le processus de réconciliation entrepris par le pénitent impliquait une discipline très sévère, selon laquelle les pécheurs devaient faire une longue pénitence publique pour les péchés commis. Avant d’être à nouveau accueillis au sein de l’Eglise après une exhortation de l’Évêque. La procédure d’une « pénitence privée » a commencé dans l’Irlande monastique du VIIème siècle puis s’est répandue en Europe grâce à la prédication des missionnaires.

Il faut attendre le IVème Concile du Latran en 1215, et la Constitution 21, Omnis utriusque sexus, pour avoir la première proclamation « officielle » de l’Eglise de l’obligation pour « chaque fidèle des deux sexes, après avoir atteint l’âge de la discrétion, de confesser fidèlement en privé ses péchés, au moins une fois par an, à un prêtre ».

Qu’entend-t-on par péché ? Pourquoi l’Eglise invite-t-elle à les confesser ?

Le catéchisme dit que le péché est « une faute contre la raison, la vérité et la conscience droite », qu’il est « un manquement à l’amour véritable, envers Dieu et envers le prochain, à cause d’un attachement pervers à certains biens ». Autrement dit, le péché est « aliénation » de l’homme par rapport à Dieu et « aliénation » de l’homme par rapport à lui-même dans la mesure où, après avoir perdu contact avec l’Absolu, il finit par se perdre lui-même. Le péché affaiblit l’homme, le paupérise, lui soustrait sa beauté originelle d’être créé à l’image et ressemblance de Dieu. C’est pourquoi l’Eglise invite les chrétiens à se diriger avec confiance vers ce sacrement de la réconciliation, à le pratiquer de manière plus assidue : lui seul peut nous faire retrouver la vérité de notre état d’enfants bien-aimés du Père, lequel se plait à limiter et à endiguer l’action destructrice du péché par la puissance de son infinie miséricorde.

Qui a le pouvoir et la force de pardonner les péchés et de faire que notre vie change ?

Pour reprendre les paroles de Benoît XVI dans Spe Salvi je peux dire que l’homme peut choisir de commettre le mal mais ne peut s’en libérer tout seul. Seul Dieu peut nous racheter. C