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TEMOIGNAGE SUR MONSIEUR RICHARD COFFI TOSSE

Excellence, Monseigneur Jean-Benoît GNAMBODE, Administrateur Apostolique du Diocèse de Porto-Novo, révérends Pères membres du conseil des consulteurs, chers confrères, messieurs et mesdames les autorités politiques, administratives, coutumières, religieuses et militaires, révérends frères, révérendes Sœurs, chers enfants et famille de Richard, chers amis !

Merci d’être venus nombreux entourer de votre affection et de votre prière aussi bien ceux et celles qui sont dans la peine que notre frère et ami Richard TOSSE qui nous quitte en un jour si significatif, si lumineux, en la fête de la Transfiguration. Il a cheminé parmi nous… Nous le connaissons, ou nous connaissons ses enfants ou l’un des siens…

Mon intervention en ce jour solennel de ses obsèques prendra la forme d’un témoignage, pour porter au langage quelques flashs de souvenirs de ce que j’ai vécu avec lui. Je ne manquerai pourtant pas aux consignes qu’il a laissées : des obsèques simples et dignes ! Pas de panégyrique ! En pareilles circonstances, dit-il, ceux qui ont toujours médit de vous, ou qui vous ont haï trouvent par enchantement des accents nouveaux et inédits pour s’épancher en louanges jamais venues sur leurs lèvres auparavant…

Que dire donc ? Richard est un homme ferme, optimiste et réaliste, qui retenait comme son plus grand honneur d’être chrétien et d’en porter le nom. S’il était pécheur, comme nous le sommes tous, même si nous feignons de l’oublier, s’il pouvait confesser comme Paul ‘le bien que je veux faire, je n’arrive pas à le faire , et c’est le mal que je fuis que je fais, il n’est pas de ceux que le Pape François appelle des corrompus…

Même attaché à son Attogon natal où reposera son corps après la messe de suffrage et l’absoute, il aimait profondément son diocèse d’adoption et sa paroisse, surtout Saint Pierre et saint Paul. Pour l’homme, le chrétien, l’éducateur militant, il convient de rendre grâces pour ce qu’il lui a donné d’être et d’accomplir, pour servir Dieu et les hommes dans ces divers lieux. Oui, le Seigneur en a fait un homme entier, direct, qui ne sait pas faire semblant, mais respectueux d’autrui.

L’occasion sera offerte de revenir, d’une façon ou d’une autre, sur divers aspects édifiants de sa vie si riche. On peut déjà rassurer que sa vie et son engagement ont été marqués par la loi de la gradualité, de la croissance. Je veux reconnaître qu’il s’est toujours affiné et amélioré de plus en plus comme homme, comme époux, comme père, éducateur, chrétien militant. Soucieux d’approfondir sa foi, il en a pris les moyens en adhérant au Mouvement du Renouveau charismatique catholique et à la Milice de Jésus-Christ… Richard dans toute cette évolution qualitative était libre en sa conscience, parce que vrai ; c’était ce que d’aucuns appelleront la conscience en action (Prof . Albert TEVOEDJRE) ! Ce qu’il apprenait à l’école du Seigneur dans l’Eglise, et qu’il savait utile au prochain, il ne pouvait pas le garder pour lui. Pour lui, la lumière ne peut rester cachée sous le boisseau…

Homme transparent, sans duplicité, il était ouvert au dialogue, avec la soif vive de donner et de recevoir, dans la conviction que la foi s’accroît dans le partage. Même effacé, parce que humble, il n’est pas de nature timide, ni réservé. Il était soucieux du bien et de l’intérêt de tous. Il a trouvé sa vocation dans la formation et l’éducation des jeunes générations, comme chemin de don de soi commencé à l’école catholique… et terminé après une retraite bien méritée au Collège catholique Notre Dame de Lourdes. Il voulait former tout l’homme ! J’y reviendrai ! Il a eu la chance insigne de commencer ce chemin de service de l’humanité à l’école et sous la houlette du Révérend Père Thomas Mouléro qui a béni son mariage devant l’Eglise le 1er Septembre 1966 à Kétou. Il a compris que celui qui se doit aux autres ne peut ni ne doit fermer son cœur ; dans le milieu éducatif et dans son quartier, nul n’était plus ouvert, non seulement pour partager ses idées, communiquer ses convictions, donner des conseils avisés, aider à franchir un obstacle, ouvrir à l’espérance !

Convaincu qu’on ne peut conduire le monde vers le meilleur que par la rigueur, qui est d’abord rigueur de pensée, justesse de l’argumentation avant d’être rigueur de vie, il y portait et ses enfants et ses élèves. Et pour cela, il se cultivait à tous les niveaux, en s’enracinant dans sa culture africaine. C’est avec enthousiasme qu’il a participé en son temps, à saint Pierre et saint Paul, aux réunions de prière et de réflexion pour l’inculturation de la foi. Il nous faut à son exemple redécouvrir et demander sans cesse l’indispensable vertu de force… Ses collègues, ses élèves et ses enfants gardent sous ce regard un souvenir permanamment reconnaissant. La rigueur exigée de soi et des autres est l’expression de la vérité de l’amour. L’amour est exigeant et prend sa source dans la Parole de Dieu, dans le Christ, qui n’a été que ‘oui’ à la gloire de Dieu le Père. Celui qui sert le Seigneur ne peut être un homme hésitant, inconstant dans ses actes, ni une girouette qui tourne à tout vent de doctrine. Pour être un homme de cette trempe, il se donnait à Dieu dans la prière, et cela, de plus en plus. Dans ce cœur à cœur, il n’est pas étonnant qu’il vive toujours plus profondément cette sagesse qui commence et s’épanouit dans la crainte amoureuse de Dieu. Sa crainte qui n’avait rien de servile était l’expression même de sa liberté intérieure, qui voulait aimer Dieu toujours plus. Et pour cela, il prenait les moyens de lui plaire, tant il est vrai que sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu. Dans sa foi en Dieu pour qui il se dépouillait de plus en plus, il était fidèle aux assemblées du Renouveau charismatique catholique, se gardant bien de se laisser fasciner facilement par le merveilleux qui égare plus d’un. C’est que fondamentalement, il avait la certitude que rien n’est impossible à Dieu.

Dans une dévotion toujours plus filiale envers la Vierge Marie, et comme pour l’imiter, il aimait Dieu pour Dieu, suivant scrupuleusement ce que la Mère de Jésus dira aux serviteurs aux noces de Cana : ‘Faites ce qu’il vous dira’. C’est pour cela que la grande épreuve de son insuffisance rénale n’a pas ébranlé sa foi. Il a vite assumé la croix et pris la mesure de sa nouvelle condition. Je me rappelle bien les premières manifestations du mal… Nous étions à Gbokoutou en train de visiter les fermes du diocèse en compagnie du successeur de Mgr Vincent MENSAH, Mgr Marcel AGBOTON, quand il a commencé à vaciller. Il ne se ménageait pas quand il s’agit de servir !!! Le diagnostic qui s’ensuivra sera clair et troublant à la fois… Il vivra le calvaire de la dialyse et ses aléas pendant 13 ans, mais avec une sérénité digne d’admiration. Il apprendra de plus en plus que ceux qui aiment le Seigneur subissent de nombreuses épreuves.

Ce n’est pas la première fois qu’il donnait un témoignage digne d’éloges. Déjà en Août-Septembre 1996, durant la maladie douloureuse de sa chère épouse, Eugénie AVAHOUIN GOUTHON, ma grande sœur, nous savons sa fermeté à ne pas s’écarter du chemin de la foi, inébranlable dans le Seigneur et en Lui seul. Après les soins médicaux nécessaires, ce qu’il a demandé avec elle et pour elle, c’est le sacrement de la réconciliation et l’onction des malades. Elle le laissa veuf après 30 ans de vie commune où ils ont appris toujours mieux à vaincre l’amour-propre et l’égoïsme pour grandir l’un par l’autre et accueillir 7 enfants, en signe d’un amour conjugal fécond. Ensemble, ils les ont reçus avec gratitude pour les éduquer en vue de ce Dieu voulait faire d’eux… Malgré les incompréhensions et les critiques, ils mettront tous leurs soins à les aider à réaliser leur vocation spécifique. Ainsi, deux d’entre eux seront ordonnés prêtres : le Père Delphin Sylvestre, curé-doyen de Djrègbé et Romaric, administrateur paroissial nommé de Tanmey-Setto, et Sœur Opportune, chargée de l’Auberge de l’Amour Rédempteur de Dangbo. Autant dire que Richard a fait de sa vie de famille un chemin de foi, une véritable initiation chrétienne, une école de vie à la suite du Christ (AM 46). Soulignons qu’à la disparition de sa femme, il est resté fidèle, sans chercher à convoler vers de nouvelles noces ! Membre de l’équipe d’aide aux vocations, il pouvait tirer de son expérience de parent d’appelés pour soutenir et conseiller des aspirants à la vocation sacerdotale ou religieuse.

Dans les temps difficiles que nous vivons, il a toujours donné à voir sa conviction que l’avenir de la société et du monde passe par la famille. Il s’est mis au service de l’église domestique en militant dans l’ACF (mouvement d’action catholique des familles) ; comme partout ailleurs, il y débordait de générosité. Pour se former plus encore, car on peut finir de croître, on ne finit pas d’apprendre, il a fait sa consécration avec moi dans la Milice de Jésus-Christ où nous avions comme formateur Mgr Vincent MENSAH lui-même. Fidèle en amitié, il en a fait un élément et un chemin de vie spirituelle.

Comment pouvait-il se donner tant d’engagements sans se disperser ? C’est qu’il savait tout réunir dans la recherche constante, persévérante de la volonté de Dieu. Ce qui comptait pour lui, ce n’était pas la gloire personnelle, mais l’accomplissement de la volonté de Dieu. Cette même quête l’avait indiqué non seulement comme membre du Conseil pastoral paroissial pour plusieurs mandats, mais aussi l’avait appelé au service de la Caritas paroissiale et diocésaine et de Sèdékon. Il s’était trouvé, sans le vouloir, une cheville ouvrière de la pastorale sociale du diocèse. Il y avait donné le meilleur de lui-même… Dans la même lancée, à la suite de l’historique Conférence des forces vives de la Nation, quand les écoles privées ont été rétrocédées, il a été en première ligne parmi les acteurs de la remise en route des écoles catholiques dans le diocèse de Porto-Novo. Plus tard, il prêtera main forte comme numéro deux (2) au Directeur Louis HOUNKPONOU qu’il a suggéré de mettre à la tête du Collège Notre Dame de Lourdes.

Permettez-moi de rappeler rapidement aussi d’autres engagements qui ne sont pas des moindres. Il avait milité dans le mouvement d’action catholique des personnes du 3e âge, la ‘Vie montante’ dont la source de spiritualité est le mystère de l’Ascension. Homme de prière, soucieux de belle liturgie pour la plus grande gloire de Dieu, il avait intégré la chorale grégorienne, puisque chanter, c’est prier deux fois.

Merci, Richard, pour tout ton investissement pour la paroisse et pour le diocèse. Etant un cœur d’enfant, tu illustres bien l’appel de Jésus à accueillir avec bienveillance les petits enfants car le Royaume des cieux appartient à ceux qui leur ressemblent. Merci pour la lumière de foi et d’amour rayonnée dans le quartier et la communauté de base d’Anavié dont tu étais un des animateurs les plus zélés. Ton secret me semble t-il, c’est ton amour pour la Parole de Dieu et pour la prière qu’elle inspire. Sans cela, comment aurais-tu été ‘sel de la terre et lumière du monde’ ? Tu n’avais pas d’autre préoccupation que vivre au quotidien le passage de Ephésiens 6, 14-18 qui dit « Tenez-vous donc debout, avec la vérité pour ceinture, la justice pour cuirasse, et pour chaussures le zèle à propager l’évangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du mauvais ; enfin recevez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu. Vivez dans la prière et la supplication ; priez en tout temps dans l’Esprit ». Oui, éclairée par la Parole qui sauve, ta vie a été une conversion continue. Ton souci n’était pas seulement de payer ton denier du culte, et de faire à temps tes Pâques, mais de t’unir toujours plus au Christ pour mieux le donner aux autres. Comme implication de la prise au sérieux de la Parole de vie, tu tenais à ce que la chose publique soit gérée avec désintéressement, transparence et justice !

En définitive, tu es un témoin pour notre temps. Puissions-nous nous laisser stimuler par ton exemple ! Tu réalises bien ce que l’Eglise attend du laïc, selon le Pape émérite Benoît XVI : qu’il soit un homme attaché au Christ pour que son action porte tout son fruit. Pour lui, le témoignage chrétien sera crédible si les laïcs sont des professionnels compétents et honnêtes (AM 128). En considérant la vie de Richard, accueillons à nouveau l’encouragement de Benoît XVI qui l’Exhortation Apostolique Africae Munus, reprend l’Exhortation Ecclesia in Africa de saint Jean-Paul II qui veut qu’on reconnaisse ceux qui ont vécu l’évangile de façon à ce que nous ayons en eux de nouveaux intercesseurs ( AM 114). Sans devancer les décisions de l’Eglise, tout nous porte à murmurer : Richard, ‘santo subito’. Qu’il en soit ainsi après tant d’amour et de souffrances ! Amen !

Abbé Charles WHANNOU de DRAVO, UCAO-UUA/ CCPM, Abidjan