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Tenir ensemble la doctrine et la miséricorde

L’indissolubilité du mariage et les réponses à apporter à la souffrance

Les membres du synode extraordinaire sur la famille réaffirment la doctrine de l’Eglise catholique sur le sacrement du mariage et son indissolubilité en même temps qu’ils travaillent à trouver des chemins pour les couples en difficulté, notamment les baptisés mariés à l’Eglise, puis divorcés et qui ont contracté une nouvelle union. Un débat sur le fil du rasoir, mais un débat spécifiquement synodal, justement, dans la ligne de l’enseignement du Christ sur le respect du sabbat : on tient et le respect du sabbat et des exceptions pour la vie de l’homme.

C’est ce qui ressort des 45 interventions de mercredi après-midi, 8 octobre, du débat libre de 18h à 19h, et de la suite du départ de ce jeudi matin, 9 octobre, ce qui manifeste la « passion » que les pasteurs mettent pour trouver des solutions.

Lors du point presse quotidien de la mi-journée, deux membres du synode sont intervenus, le président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, le cardinal Francesco Coccopalmiero, et l’archevêque de Québec, Mgr Paul-André Durocher.

Mgr Durocher a indiqué que le synode veut unir la « voie de la miséricorde et la voie de la justice » et que l’exercice de la miséricorde signifie aussi « conduire les gens à la vérité ».

Il suggère une méthode qui part des situations vécues par les couples et les familles, et de « réfléchir théologiquement » à partir de la vie des personnes, d’« apprendre à trouver la voie que Dieu montre », et de « marier » la justice et la miséricorde, à l’image de Dieu qui est « parfaitement juste et miséricordieux », bien qu’aux hommes ce soit « difficile ». Les déclarations de nullité de mariage

Le cardinal Coccopalmiero a donné des exemples de cas où l’on attend des réponses du chemin synodal : il faut, a-t-il suggéré, faire la différence entre la situation du conjoint abandonné et celle du conjoint qui abandonne l’autre. Il y a aussi des voies juridiques à trouver pour « raccourcir la procédure » de déclaration de nullité, c’est-à-dire le jugement par lequel l’Eglise reconnaît qu’en dépit de la cérémonie un élément essentiel du sacrement du mariage manquait pour permettre « la naissance » d’un lien matrimonial sacramentel. Souvent, il s’agit de « l’exclusion de l’ouverture à la vie », ou de « l’indissolubilité », de « l’unicité » du mariage sacramentel catholique, du « lien », mais il peut y avoir aussi un « manque de liberté » du consentement.

Un évêque a fait observer que certains doivent faire des milliers de kilomètres pour accéder aux procédures diocésaines, d’autres ne peuvent pas assumer son coût, ni sa durée (un an et demi, c’est trop dur pour une famille qui est déjà dans une situation difficile). Parmi les possibilités évoquées : diminuer le nombre des juges (3 actuellement) et supprimer le double jugement (il y a actuellement un appel obligatoire du défenseur du lien matrimonial au cas où le premier jugement est en faveur de la nullité), ou permettre une décision « administrative » de l’évêque lui-même. Le cardinal Coccoâlmiero se dit "très favorable" à une telle réforme, qui prendra donc du temps pour être mise au point, adoptée et mise en place. Il a rappelé que l’Eglise n’annule jamais un mariage valide : l’Eglise peut déclarer nuls des mariages pour lesquels « un élément essentiel a manqué », au moment de la célébration, mais elle n’annule pas un lien matrimonial validement contracté. Sauf privilège du pape en cas de baptême successivement au mariage : le pape peut dissoudre le lien matrimonial si le conjoint nouvellement baptisé le demande. Une piste à explorer ?

Il a aussi évoqué le cas de divorcés remariés qui demandent la communion en cas de danger de mort, par exemple à la veille d’une grave opération ou en fin de vie.

Il cite encore le cas d’une femme qui vit avec un homme abandonné par sa femme avec ses trois petits enfants, qui élève les enfants, redonne à cet homme la vie, n’a pas cessé de fréquenter l’Eglise : « Je ne peux pas abandonner cet homme, ces enfants », dit le cardinal pour montrer qu’il faut raisonner sur des « cas très précis ». C’est un cas « de personnes en condition de mariage non objectivement légitime, de cohabitation, » mais ils ne peuvent « pas en sortir » : quand « il ne leur est pas possible de quitter cette situation, en soi illégitime, je dois faire quelque chose ».

La doctrine et les personnes

Mgr Durocher recommande « d’adopter l’herméneutique du pape François », c’est—à- dire « sauvegarder la doctrine » et « partir des personnes et de leurs situations concrètes » : il s’agit d’une « nécessité », d’une « urgence », face à la « souffrance » : « Nous devons donner une réponse aux personnes concrètes », par des solutions « qui répondent à la gravité de la situation et à l’urgence dans laquelle ils se trouvent. »

Le cardinal Coccopalmiero prend l’exemple évangélique du respect du sabbat : il faut tenir le respect de la loi du sabbat, mais, comme le dit l’Evangile, « Lequel de vous, si son fils ou son boeuf tombe dans un puits, ne l’en retirera pas aussitôt, le jour du sabbat ? » (Luc 14, 5).

« Là où deux personnes ont besoin de moi, devant la gravité et l’urgence, j’interviens », a confié le cardinal italien : « La loi du sabbat existe, je la respecte, mais il y a des cas qui imposent une intervention. » En somme, le synode tient la doctrine du mariage, et, du point de vue de la pastorale, les évêques cherchent à répondre, exceptionnellement, à des situations complexes et à trouver des voies nouvelles pour manifester la miséricorde du Christ aux conjoints en souffrance.

Les évêques souhaitent que le chemin synodal (qui ne sera bouclé qu’en 2015 et par le document que le pape élaborera ensuite) débouche sur des indications à propos de ces cas exceptionnels à prendre en compte et des réponses à leur apporter.

Car ils souhaitent, souligne encore Mgr Durocher, « aller vers la souffrance » réelle de nombreux couples, avec cette conscience que ces réponses pastorales ne peuvent cependant pas résoudre le fond de la crise qui est une « crise de la foi » et de la « transmission de la foi ». La crise de la foi

Il ne s’agit pas croire guérir ainsi « tous les problèmes de la foi » et de l’Eglise catholique, mais de manifester une « attitude évangélique de miséricorde » et « montrer que l’Eglise est à l’écoute, va à la rencontre », pour que personne ne se sente « abandonné ». Ce faisant, Mgr Durocher souligne : « Il faut des règles précises », mais les « solutions sont complexes à mettre en œuvre », et accepter qu’il y ait des exceptions suppose aussi une « mise en place technique qui prendra du temps ».

L’attitude du synode est à la fois ferme sur la doctrine catholique, mais « pragmatique ».

Une minorité exprime sa position en faveur du « non » toujours et partout à la communion de personnes divorcées remariées : « Le remède que vous proposez est pire que le mal que vous prétendez soigner », a dit un intervenant.

Une minorité prône un « oui » à des exceptions circonstanciées : « Nous ne sommes pas là pour arracher des mauvaises herbes mais pour semer ». D’autres images sont employées : « Est-ce que l’on est pas en train de passer un chiffon pour enlever la poussière de la maison alors que dehors il y a une tempête de sable ? »

La majorité, sans dire « oui » ou « non » à l’accès à la communion eucharistique des divorcés remariés se montre ainsi favorable à une réflexion qui affronte les situations réelle des couples et des familles. Beaucoup rappellent la nécessité de changer de langage, pour employer des expressions qui, tout en annonçant la beauté du mariage chrétien, évitent en même temps tout « langage blessant » qui ferait « peser un jugement » sur les personnes.

Beaucoup aussi manifestent la nécessité d’améliorer la pastorale « en amont » et en aval, éventuellement par un vrai « catéchuménat » du mariage. Des suggestions sont faites comme la possibilité de la « communion spirituelle ».

Une intervention a indiqué que certaines villes sont le lieu de « mariages touristiques », avec ce « dénominateur commun » : « un manque absolu de préparation, le mariage n’étant plus rien d’autre qu’une étape dans l’itinéraire touristique, et les prêtres de la curie diocésaine finissent par avoir comme unique préoccupation que « les documents soient en ordre », et pas « l’accompagnement pastoral », ce qui est « douloureux » à constater. L’évêque a invité tous les évêques dans une situation similaire à « ne plus permettre le mariage touristique ».

Enfin, tel intervenant a insisté sur la nécessité de « lieux d’accueil en paroisse », pour « manifester concrètement la miséricorde de Dieu à qui a souffert une séparation ».

Quant aux questions concernant les unions homosexuelles, l’assemblée les a citées « rarement » et « rapidement », et pour rappeler ce que dit le Catéchisme de l’Eglise catholique : le respect dû aux personnes, mais pour l’Evangile, le mariage sacramentel désigne l’union d’un homme et d’une femme, et la bénédiction des unions homosexuelles ne peut pas exister à côté du mariage chrétien, ne peut pas être mis sur le même pied. Enfin, à propos de l’atmosphère du synode, les témoins ont déclaré avoir assisté à des « interventions intenses et passionnées », dans une atmosphère « fraternelle », parfois avec humour.

Spécificité du débat synodal

Il n’y a pas de « conflit » au synode, avait déjà averti le cardinal André Vingt-Trois à la presse, lundi dernier, 6 octobre : le synode n’est pas un « débat parlementaire » à l’issue duquel il faut « qu’une majorité se dégage », et que l’on vote même à l’encontre de ses convictions pour suivre les consignes du parti et où la minorité se soumettra à la décision de la majorité. Il faut donner la possibilité à chacun des participants d’exprimer quelque chose qui « n’est pas seulement son point de vue mais aussi le reflet des Eglises qu’il représente, même très minoritaire ».

Il avait rappelé que la seconde semaine serait consacrée au travail en groupes linguistiques, pour reprendre des éléments entendus dans l’assemblée plénière. Et que ce « travail de fond » « s’étendra sur l’année pour construire un consensus le plus dense et le plus explicite possible ».

Il a souligné l’importance des paroles du pape dès lundi matin : « Il souhaitait et a demandé aux membres du synode de s’exprimer en toute liberté - parce que sûrs d’être écoutés dans le respect et la charité fraternelle - et de ne pas censurer leur expression dans l’idée d’éviter de dire quelque chose qui ne plairait pas au pape ou au contraire en cherchant à plaire au pape ». « Il n’est pas venu à la réunion du synode pour entendre des gens qui lui disent ce qui lui fait plaisir mais pour travailler sur ce que nous apportons et nos expériences particulières », a fait observer l’archevêque de Paris.