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Voeux perpétuels chez les Soeurs de St Gérard : Homélie

Chers confrères concélébrants Chères Religieuses en particulier vous sœur Sabine et Sœur Rachel, Chers frères et sœurs, fils et filles bien-aimés de Dieu, Sœur Sabine et Sœur Rachel, depuis toujours, depuis le sein maternel, le Seigneur est amoureux de vous, il a demandé votre cœur et vous le lui avez donné. Il y a au moins 6 ans vous avez fait une première profession temporaire que vous avez renouvelée plusieurs fois dans toute la plénitude de votre volonté, docile à la grâce.

Il semblerait que l’acte pour lequel nous sommes aujourd’hui tous réunis autour de vous au pied de l’autel du Seigneur, ne répond à rien de nouveau et que rien ne sera changé dans votre vie. C’est que l’amour dont le Seigneur vous a aimées est si fort, plus fort que la mort que ni le temps ni le malheur n’ont aucun pouvoir sur lui. Il ne peut être acheté, car il est librement donné. L’amour a une valeur inestimable et même l’homme le plus riche ne peut se l’offrir ; il faut l’accepter comme un cadeau de Dieu et le vivre en tenant compte des directives divines. Oui, dans la vie religieuse consacrée, notre relation doit refléter l’amour parfait qui vient de Dieu lui-même. C’est bien là le sens de la célébration de ce jour. Et pourtant cette profession perpétuelle est un acte de très grande importance dans votre vie spirituelle, dans la marche de votre vie religieuse ; un acte de très grande valeur devant Dieu, devant la Sainte Eglise et vis-à-vis de votre Institut, qui va vous recevoir définitivement dans son sein et à qui vous vous donnerez pour toujours avec tout ce que vous êtes et tout ce que vous avez. Dans ce contrat d’amour, heureusement – et c’est ce qui me fortifie – l’Esprit Saint est le Grand Agent, celui qui a tout inspiré, qui se fait garant des engagements des deux partis et de leur bien vital.

Nous allons essayer d’exprimer avec les mots humains, toujours déficients, en balbutiant, la réalité, les conséquences de ce sacré contrat. Les auteurs spirituels les plus autorisés ont souvent appelé la Profession Solennelle ou Perpétuelle un second baptême. L’affirmation toutefois ne peut être acceptée que dans un sens analogique. Essayons d’en comprendre l’aspect concret et strictement réel. Le baptême est le sacrement qui nous fait enfants de Dieu en nous donnant participation à la filiation du Verbe né au sein de la Sainte trinité, et nous faisant réellement « fils adoptif » du Père en Celui qui est appelé « premier-né » (primogenitus) dans l’ineffable mystère de l’incarnation de ce Verbe dans les entrailles de la Vierge Marie, et du même coup nous donne pour toujours accès dans l’Eglise, ce royaume de Dieu qui n’aura pas de fin.

La profession religieuse vous fixe la place qui, de toute éternité, vous a été assignée dans cette Eglise que le baptême vous a ouverte, et vous y donne rang d’épouses du Verbe Incarné, à la suite de la Vierge Marie qui est devenue Epouse dans l’œuvre de Rédemption, de celui qu’elle a engendré selon la chair. Qui parmi nous ici est capable de mesurer la densité de cette proposition qui n’est pourtant que l’expression inadéquate de ce qui va se passer si humblement en cette cérémonie sublime. Cette dignité d’épouse, elle vous est offerte et vous allez l’accepter avec tous ses devoirs jusqu’à la mort. A la vérité, il s’agit d’aimer ou mieux encore de se laisser aimer par le Père et d’accueillir la manifestation de Jésus. C’est dans la pratique de la foi qu’apparaît l’amour pour Jésus. Et c’est précisément lorsque nous vivons notre foi que l’amour de Dieu manifesté en Jésus nous rencontre. Judas ne comprend pas pourquoi la manifestation de Jésus est réservée aux seuls croyants et ne peut valoir pour le monde. Sa question fait peut-être écho aux objections des Juifs et des païens à propos du petit nombre et de la qualité des personnes qui ont vu le Christ ressuscité. Jésus ne répond pas directement à la question posée. Mais il affirme à nouveau ce qu’il avait déjà dit, à savoir que le Père et Lui-même viendront chez le croyant et demeureront chez lui.

Sachez-le donc bien. Ce n’est pas vous qui avez choisi votre Epoux, c’est le Père qui vous l’a donné dans un choix incomparable de miséricorde. Cette certitude que vous puisez dans sa parole doit vous inspirer une vive reconnaissance pour le passé et une immense confiance pour l’avenir. Il vous a appelées pour faire de vous des « consacrées », c’est-à-dire pour vous soustraire aux contacts profanes et réserver votre activité à son service particulier, à sa Seule Gloire. Cette vocation personnelle, si elle vous consacre, tout autant que le calice pour l’offrande du sacrifice et le ciboire pour la garde des saintes espèces du pain eucharistique, elle ne vous isole pas pour autant. Elle vous garde à l’emprise de l’Esprit-Saint dans la dépendance du Christ Jésus pour exercer un apostolat plus intime et plus fécond dans le champ du Père de famille.

Cette dépendance du Christ nous fait nous détacher de tous les trésors de ce monde pour mieux le connaître, Lui le Christ : modifier nos valeurs, renoncer à certains de nos projets essentiels, objectifs et désirs. Puisque les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance que vous allez à nouveau prononcer vous fixeront à jamais dans cette vocation et vous interdiront de regarder désormais en arrière, des ascensions nouvelles vous seront préparées. Quand on croit avoir tout donné, renoncé aux plaisirs de la famille, se dépouillé de toutes les richesses matérielles, livré sa volonté à un autre pour le Christ, le Seigneur manifeste de nouvelles exigences, ou plutôt la lumière divine ouvre de plus larges horizons et il semble que tout reste à faire. Vous aurez encore à vous livrer à nouveau à discrétion comme une véritable épouse dans les bras de l’Epoux. Vous aurez à puiser en son Cœur dont vous portez le nom comme témoignage d’une plus étroite appartenance, ces trésors de miséricorde que le Verbe Incarné a apportés du sein de son Père sur notre terre de péché. Vous serez de plus en plus bonnes, de plus en plus indulgentes, de plus en plus compatissantes et dévouées pour vos sœurs et à travers elles, vous atteindrez les âmes que l’Epoux vous a données à aimer, à sauver. Vous serez de plus en plus une âme de paix et de joie. Plus on s’élève, plus la joie est compatible avec les détachements profonds, plus on sort de soi pour mettre sa joie dans le bonheur des autres, sa complaisance dans ce que le Seigneur fait dans les âmes de ses sœurs.

Chers sœurs Sabine et Rachel, sachez–le encore bien : c’est une vie qui commence pour vous dans un don plus complet. Soyez disposées à entrer dans toutes les voies indiquées par vos constitutions pour atteindre les sommets de l’amour. Soyez prêtes à transformer vos manières de juger autant que sera nécessaire pour ne faire qu’une volonté avec celle de vos Supérieures, un même cœur avec Celui de vos sœurs. Qu’une telle perfection ne vous épouvante pas. Celui qui nous a sauvés tous sur la croix se fait encore notre Sauveur à tout instant. En Lui, nous triomphons de tous les obstacles facilement.

Je vous invite instamment à être une âme de grands désirs, car Dieu vous a beaucoup aimées et il attend de vous beaucoup d’amour. L’Eglise reçoit aujourd’hui vos vœux avec plus de joie et d’amour qu’il y a six ans, car le don que vous allez faire est éternel ou plutôt c’est la Sainte Vierge qui va vous offrir à son divin Fils, comme elle lui a offert Saint Gérard, le Saint Patron de votre Institut, qui restera la gloire de votre famille religieuse et qui est certainement présent à votre holocauste.

Père Jean Benoît GNAMBODE,

Administrateur Apostolique