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DES DÉBUTS JUSQU’EN 1955

Ce sont les pères des missions africaines les SMA, qui ont été les acteurs de cette période missionnaires à Porto-Novo, officiellement depuis 1860 ! Leur fondateur, Monseigneur de Brésillac avait souhaité venir dans cette région. Rome avait choisi de l’envoyer à Freetown, en Sierra Léone. Il n’y resta que quelques mois, rapidement emporté par la fièvre jaune, en Juin 1858, lui et tous ses collaborateurs. La Mission était menacée d’être terminée ! Celui qui prend en main les destinées de l’institut, le père Planque, retourne demander à Rome de pouvoir venir vers ce Golfe du Bénin. Et cette fois Rome accepte !

Le 28 Août 1860, Rome décide la création du « Vicariat Apostolique du Dahomey » et le confie aux SMA. Ce vicariat couvre une large zone sur l’océan atlantique, du fleuve Volta à l’ouest jusqu’au fleuve Niger à l’est. Au nord ce n’est pas très précis. Porto-Novo est bien situé au cœur de cette zone ! Cette zone constituera un même territoire missionnaire de 1860 à 1883, en changeant seulement de nom en 1870 pour devenir « Vicariat apostolique de la Côte du Bénin ». Pastoralement, ce territoire est confié au père Planque qui l’anime depuis Lyon avec le titre de supérieur des Missions, puis de ‘pro-préfet’ ; il y a placé des supérieurs délégués du père Planque. Quant à lui, Il anime vraiment la mission, cherchant le personnel et les finances, rédigeant rapports. En fait, les deux premiers missionnaires ne débarqueront à Ouidah que le 18 Avril 1861. Il s’agit d’un italien, le père Borghero et d’un espagnol, le père Fernandez. Leur troisième compagnon, un français était mort pendant le voyage. Nos deux premiers missionnaires se mettent courageusement au travail depuis Ouidah ! Ils multiplient les visites sur le terrain, pour voir ou implanter de nouveaux postes missionnaires ! D’après Mgr Bonfils dans la Mission Catholique en République du Bénin (Karthalat 1999), le père Borghero a visité Porto-Novo entre Mars et Mai 1862 (un an après son arrivée), en Février 1863, en Septembre et Octobre 1863. Le 6 Avril 1864, il prend « possession d’un terrain à Porto-Novo, concédé par le roi et agréé par le protectorat Les premiers pères résident à Porto-Novo sont les pères Verdelet et Noché (p.82)

Mgr Bonfils signale en effet « le 16 janvier 1863… la création d’un consulat français à Ouidah » (p.79) et il poursuit : « par décret du 25 février 1863, la France décida son protectorat sur Porto Novo, en vue de protéger le commerce français contre les prétentions et les envahissements de la colonie anglaise de Lagos ». Notons donc que Porto Novo est bien au cœur du vicariat, mais dans la zone frontière entre les influences française et anglaise, en ajoutant que la langue portugaise n’a pas totalement disparu de la contrée. Notons aussi qu’à partir de 1864, les pères n’auront jamais à suspendre leur activité pastorale ici ; Porto Novo est donc une des missions les plus importantes sur cette cote. Notons enfin que Porto Novo jusqu’en 1955 accueille le plus grand nombre de tombes de sœurs NDA et de pères SMA…et quelque autres : le gain est bien tombé en terre ici ! La première chapelle a été bénie le 20 novembre 1864. Le père verdelet est nommé premier supérieur officiellement le 2 janvier 1865. Il ouvre rapidement une école. C’est l’un des exemples des tensions entre les langues portugaise, anglaise et française. Les pères utilisent beaucoup le portugais, alors que le protectorat souhaite le seul usage du français. Citons encore Mgr Bonfils quant à l’arrivée des premières religieuses à Porto Novo : « En 1868, le lundi des rameaux arrivèrent les quatre premières religieuses franciscaines de la Propagation de la Foi : Sr Bonaventure Marie du Sacré Cœur, Sr Angèle et S. Bruno, qui atteignirent Porto Novo le même jour. Leurs débuts furent difficiles vu leur inexpérience et les accrocs de santé. Elles furent rappelées à Dieu peu après. » (p.94). En 1870, le vicariat changea de nom et devint Vicariat apostolique de la Cote du Bénin, sans modification de limite. Le père planque demeurait pro vicaire apostolique et d’abord à Porto Novo jusqu’en 18 73 et ensuite à Lagos jusqu’en 1883. » p.95 Porto Novo sera donc un temps le centre de rayonnement de la mission. Les écoles se développent, on signale en 1871 une soixantaine de Communions Pascales, et le 19 mars 1871, le père Courdioux donne la confirmation à une vingtaine de filles et garçons. La mission est en bonne voie. En 1876 on essaime à Tokpo Badagry et à Abéokouta. Nouvelle étape en 1883 le développement de la mission amène un nouvel aménagement territorial. La partie est du fleuve Ouémé centrée à Agoué et Ouidah devient « préfecture apostolique du Dahomey ». La partie ouest de l’Ouemé, devient Vicariat apostolique de la cote du Bénin ». Porto-Novo se trouve dans ce territoire, dont le siège est à Lagos. Le premier supérieur est le père Chausse. Il dirigea le Vicariat au nom du père Planque d’abord, puis deviendra responsable de plein droit en 1891= il sera ordonné évêque. C’est le premier SMA évêque. Il a été une année supérieur de Porto-Novo en 1874, puis supérieur de Lagos, avant d’être évêque à Lagos dont dépendait alors Porto-Novo. Mgr Chausse meurt en 1894 et est remplacé à Lagos par Mgr Pellet jusqu’en 1901. L’histoire de huit années est à approfondir. Il faut noter les fondateurs, par le père Bel, de Kétou en 1897 et de Adjarra en 1901. Porto-Novo, longtemps au cœur de la lutte d’influence entre anglais et français, quitter en 1901 la zone anglophone pour revenir dans la zone francophone. Nouvelle étape donc en 1901 pour la région et pour Porto-Novo. La « préfecture apostolique du Dahomey » avait été réduite en 1892 par la création de la « préfecture apostolique du Togo ».Cette préfecture du Dahomey devient « Vicariat apostolique du Dahomey », et Porto-Novo fait désormais partie de ce Vicariat. Ses ‘Pasteurs seront : Mgr Dartois (1901- 1905, Mgr Steinmetz (1906- 1935, Mgr Parisot à partir 1935. C’est lui qui verra, en 1954, la naissance du « Vicariat Apostolique de Porto-Novo » dont il sera le responsable tout en restants aussi vicaire apostolique de Ouidah.

En 1955, Porto Novo devient Diocèse. En même temps Mgr Parisot devient premier archevêque de Cotonou… Mais il reste l’administrateur de Porto Novo… Porto Novo qui accueille son évêque, Mgr Boucheix, en 1958 ! Notons simplement quelques signe de la vitalité de Porto Novo pendent cette période. Dans la ville naissent deux paroisses : Ste Anne en 194O et St François Xavier en 1952. Dans la région naissent quatre paroisses : Pobé en 1918, Azowlissè en 1937. Paroisse qui n’est pas fondée par un SMA ; mais un prêtre béninois, le père Dominique Adéyémi ; Sakété en 1942 ; et Adjohoun en 1951. D’autre part, Porto Novo sera le lieu de départ de bien des voyages missionnaires en remontant la vallée de l’Ouémé vers Sagon, Zagnanado, Covè…. Autre signe de vitalité, la naissance, à Porto Novo en Octobre 1911 du premier institut de religieuses, les oblates Catéchistes petites servantes des Pauvres (OCPSP). C’est à l’initiative du Père Barril, que des jeunes fille se regroupe autour de Julia Nobre, qui deviendra Sœur Elisabeth de la Trinité. Mentionnons encore la consécration de l’église de Porto Novo le 15 août 1942 ; et enfin toute l’œuvre missionnaire du Père Aupais qui fera certainement l’objet d’autres études

DE 1955 A NOS JOURS

Vicariat apostolique le 5 avril 1954 par division du vicariat apostolique de Ouidah puis diocèse le 14 septembre de l’année suivante, le diocèse de Porto-Novo couvre les deux départements actuels de l’Ouémé et du Plateau sur une superficie de 5.541km2 dont 1.236km2 pour l’Ouémé et 4.305 km2 pour le Plateau avec une population de 730.772 habitants pour l’Ouémé et 407.116 pour le Plateau. Le département de l’Ouémé comprend les communes de Porto-Novo, Sèmè-Podji, Aguégués, Adjarra, Avrankou, Akpro-Missérété, Dangbo, Adjohoun, Bonou, et celles d’Ifangni, Sakété, Pobè, Adja-ouèrè et Kétou forment le département du Plateau. La poussée démographique est particulièrement forte dans les régions d’Avrankou, d’Akpro- Missérété et d’Adjarra. C’est le diocèse le plus peuplé après celui de Cotonou. Un diocèse confronté à des problèmes sociaux préoccupants tel que : le chômage, l’exode rural, la participation précoce des enfants à l’activité économique, l’analphabétisme et surtout l’insécurité le long de la frontière avec le Nigeria voisin. Le paysage religieux est diversifié géographiquement dans l’Ouémé et le plateau. Les Catholiques représentent 27% de la population béninoise. Soit 37,1% pour l’Ouémé et 27,1% pour le Plateau et l’Islam fait 24,4% sur le plan national soit 12,1% dans l’Ouémé et 17,8% dans le Plateau. Une autre caractéristique de ce diocèse est la grande étendue de la vallée de l’Ouémé. Elle fait les trois cinquièmes de toute la superficie du diocèse avec des inondations cycliques au moment de la montée des eaux du fleuve Ouémé. Les poches de pauvreté sont nombreuses sur l’ensemble du diocèse et il est prématuré d’apprécier les effets de la politique de la décentralisation en cours dans le pays sur la vie des populations.

Père Yves Bergeron, prêtre SMA