POUR BIEN VIVRE LE TEMPS DE L’AVENT

Il est là le temps de l’Avent. C’est un temps fort durant lequel les fidèles catholiques se préparent intérieurement à accueillir l’Emmanuel, c’est-à-dire, à célébrer Noël. Mais l’horizon de l’Avent ne se limite pas à cet événement inouï qui a eu lieu il y a plus de 2000 ans à Bethléem et qui manifeste excellemment la condescendance de Dieu pour l’humanité. Il faudrait même attendre la dernière semaine sur les quatre qui le constituent, pour que la liturgie de la Parole évoque spécifiquement les événements relatifs à la Nativité de notre Seigneur. Sinon, au cours des trois premières semaines, elle mobilise surtout notre attention sur notre rencontre ultime et concrète avec le Seigneur, lorsqu’il reviendra à la fin des temps pour juger les vivants et les morts. Loin donc de nous arrêter sur un fait passé ou de nous tourner vers le passé, l’Avent nous tend fondamentalement vers l’avenir. C’est pourquoi, que ce soit hier, aujourd’hui ou demain, il reste et restera toujours un temps d’attente, un temps d’espérance. Et c’est seulement dans une telle compréhension qu’il peut être bien vécu.

Autrement dit, pour bien vivre le temps de l’Avent, il faut le vivre comme la célébration de notre espérance. Il s’agit concrètement durant ce temps, de laisser notre présent, notre quotidien embrasé par notre véritable avenir qu’est la communion éternelle avec Dieu que consacrera le retour glorieux de notre Seigneur Jésus-Christ. L’évangile de ce dimanche (Mt 24, 37-44) est très suggestif à ce propos. Ce qui y est reproché aux contemporains de Noé, ce n’est pas le fait d’investir leur présent, de manger, de boire et de se marier, mais de l’avoir fait dans l’insouciance totale du jour de Dieu, pour ne pas dire du signe et des appels de Dieu. La preuve, Jésus nous informe, dans la suite, qu’en ce jour deux personnes seront en train de faire la même chose, et l’une sera prise, l’autre laissée. Comme quoi, le salut, et partant la condamnation, ne se trouvent pas dans les choses en soi, mais dans la façon dont nous les vivons.

En définitive, pendant le temps de l’Avent, c’est le Christ qui est venu, qui vient et qui viendra que nous célébrons. Pour jouir abondamment des grâces qui découlent de ce temps fort, il nous faut le vivre de façon à investir davantage notre existence quotidienne de notre espérance. Dans cette perspective l’appel à la conversion du précurseur reste le chemin le plus sûr.

Père Laurent SOTCHOEDO,

Vicaire à la Paroisse Saint-Antoine de Padoue d’Ekpè

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